Objectif
Le chronotype est un héritage familial et donc un trait sous forte dépendance génétique. Il traduit les préférences d’un individu pour des activités matinales ou vespérales et impacte les variations des préférences circadiennes de l’alternance veille-sommeil et de la vigilance. Les chronotypes sont associés à divers profils métaboliques et hormonaux en lien avec leur santé. Les chronotypes du matin (c’est-à-dire ceux qui préfèrent se réveiller tôt et/ou effectuer une activité plus tôt dans la journée) ont tendance à présenter une prévalence réduite du risque de maladies cardiovasculaires (MCV), notamment un faible taux de triglycérides et de protéine C-réactive, avec des lipoprotéines de haute densité (HDL) (Romero-Cabrera et al., 2022). Les mécanismes, par lesquels le chronotype conférerait à une personne un risque plus élevé de pathologies chroniques métaboliques, restent inconnus. A notre connaissance, seule l’étude de Romero-Cabrera et al. (2022) s’est intéressée à l’effet du chronotype sur les régulations métaboliques et ce chez des patients présentant un syndrome métabolique. Une des explications proposées concerne l’existence d’un lien entre le chronotype et le niveau d’activité physique. De plus, les personnes ayant un chronotype du matin ont une meilleure sensibilité à l’insuline qui pourrait être due en partie à leur activité physique. La revue systématique de Sempere-Rubio et al. (2022) portant sur l’association du chronotype, de l’activité physique et de la sédentarité a conclu que les chronotypes sont clairement associés au niveau d’activité physique et au comportement sédentaire, en particulier dans la population âgée de plus de 25 ans. Les chronotypes du soir sont associés à une activité physique moindre et à des activités sédentaires plus longues que les chronotypes du matin chez les hommes et chez les femmes (Nauha et al 2020). En effet, les chronotypes du matin ont tendance à pratiquer davantage d’activité physique globale que leurs homologues du chronotype tardif.
L’influence du chronotype sur la performance physique, cognitive et sur l’engagement dans une activité physique et sur son impact sur la sédentarité ainsi que sur le risque de blessures fait l’objet de récents travaux. Le chronotype a un effet marqué sur les performances physique pouvant expliquer 26% de la performance. Dans le même ordre d’idée, le moment de l’exercice ; matin, midi ou soir a un impact sur les réponses physiques et cognitives. En revanche, très peu d’études se sont intéressées à interaction entre le chronotype et le moment de réalisation de l’exercice. A notre connaissance aucune étude n’a porté sur l’analyse de cette interaction sur l’utilisation des substrats lors d’un exercice sous maximal, quelle que soit la population étudiée.
L’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’interaction du chronotype (matin, indifférencié, soir) et le moment de l’exercice : matin, après-midi et soir (8h, 13h, 18h), sur l’utilisation des substrats énergétiques au cours de l’exercice sous-maximal. Les objectifs secondaires seront d’évaluer l’effet de l’interaction du chronotype et du moment de l’exercice sur la performance en sprint (test de force vitesse en sprint), sur la mémoire (test de N-Back). Une attention particulière sera portée à l’effet du sommeil et de la température centrale sur ces réponses.
Protocole : Etude 1
Il s’agit d’une étude randomisée de comparaison. L’étude se compose d’une session de familiarisation et de 6 sessions expérimentales (3 sessions 1 : S1 = test sous maximal (1h) et 3 sessions 2 : S2 = test de sprint force-vitesse et test de N-Back) randomisées par « timing » : 8h,13h et 18h (Fig. 1). Les évaluations comportent deux sessions (S) :
- S1 : un test sous-maximal de course (calorimétrie indirecte) : utilisation des substrats (TS)
- S2 : un test de sprint de 30 m : profil force-vitesse (TF-V) et un test de N-Back : mémoire (TN-Back).
Porteurs projet
- Pascale DUCHE, Professeur des Universités, Laboratoire J-AP2S
- Mathieu GRUET, Professeur des Universités, Laboratoire J-AP2S
- Fabrice VERCRUYSSEN, Maître de Conférences – HDR, Laboratoire J-AP2S
- Eric WATELAIN, Maître de Conférences – HDR, Laboratoire J-AP2S
- Oussama SAIDI, Maître de Conférences, Laboratoire J-AP2S
- Emmanuelle ROCHETTE, Ingénieur de recherche clinique, CHU Clermont-Ferrand, Laboratoire J-AP2S